Sardines fraîches, graines de lin, noix et huile de colza sur une planche en bois, sources naturelles d'oméga-3

Oméga-3 et oméga-6 : comment rééquilibrer son ratio, simplement

« Les oméga-6 sont inflammatoires, il faut absolument rééquilibrer votre ratio ! » Vous avez sûrement déjà entendu cette phrase. Elle contient une part de vérité, mais aussi beaucoup de raccourcis. Les oméga-6 ne sont pas des poisons : ce sont des acides gras essentiels, indispensables à la vie.

Ce qui est vrai, en revanche, c'est que la plupart d'entre nous manquent d'oméga-3. Dans cet article, on démêle le vrai du faux, et on vous donne des gestes simples pour retrouver un bon équilibre dans votre assiette.

Oméga-3, oméga-6 : les bases

Les oméga-3 et les oméga-6 sont deux familles d'acides gras polyinsaturés. Deux d'entre eux sont dits essentiels, car notre corps ne sait pas les fabriquer : il faut les trouver dans l'alimentation.

Les principaux acides gras oméga
Acide gras Famille Où le trouver
Acide linoléique (LA) Oméga-6 essentiel Huiles de tournesol, maïs, pépins de raisin, noix, graines
Acide alpha-linolénique (ALA) Oméga-3 essentiel Huiles de colza, de lin, de noix, de cameline, graines de lin et de chia, noix
EPA et DHA Oméga-3 à longue chaîne Poissons gras, fruits de mer, huile d'algue

Notre corps peut transformer l'ALA en EPA puis en DHA, mais cette conversion est faible, souvent estimée à quelques pour cent seulement, et encore moins pour le DHA. C'est pourquoi les sources directes d'EPA et de DHA (poissons gras ou algues) sont si précieuses.

Le DHA est un constituant majeur du cerveau et de la rétine. L'EPA et le DHA participent au bon fonctionnement du cœur et à la régulation de l'inflammation.

Le fameux ratio : ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas

Les oméga-3 et les oméga-6 utilisent les mêmes enzymes pour être transformés. Un très gros excès d'oméga-6 par rapport aux oméga-3 peut donc freiner l'utilisation de ces derniers. C'est de là que vient l'idée du ratio.

L'ANSES recommande un rapport entre acide linoléique (oméga-6) et ALA (oméga-3) inférieur à 5. En France, les apports dépassent souvent ce seuil, surtout parce que nous consommons peu d'oméga-3.

La nuance importante : dans les essais où l'on augmente les apports en acide linoléique, les marqueurs d'inflammation n'augmentent pas (Johnson et Fritsche, 2012). Les oméga-6 sont même associés à un moindre risque cardiovasculaire quand ils remplacent les graisses saturées. Le message n'est donc pas « chassez les oméga-6 », mais « ajoutez des oméga-3 ».

De combien avons-nous besoin ?

Voici les repères de l'ANSES pour un adulte :

  • ALA (oméga-3 végétal) : environ 1 % de l'énergie, soit autour de 2 g par jour ;
  • EPA + DHA : 500 mg par jour, dont 250 mg de DHA ;
  • acide linoléique (oméga-6) : environ 4 % de l'énergie.

Concrètement, deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras, comme le conseille l'ANSES, et une cuillère à soupe d'huile de colza par jour couvrent une bonne partie des besoins. Pendant la grossesse et l'allaitement, les besoins en DHA augmentent : parlez-en à votre sage-femme ou votre médecin.

Envie d'un avis sur votre situation ? Lors d'un bilan de vitalité, nous faisons le point ensemble sur votre alimentation, votre sommeil, votre stress et vos objectifs, puis nous construisons un plan adapté à votre rythme.

Réserver un bilan de vitalité

Les meilleures sources au quotidien

Pour l'EPA et le DHA

  • Sardines, maquereau, hareng et anchois : riches en oméga-3, abordables et peu contaminés en mercure car ce sont de petits poissons ;
  • Saumon et truite, en variant les provenances ;
  • Huile de micro-algues, l'alternative végétale pour les personnes végétariennes ou véganes.

Pour l'ALA

  • Huile de colza, de noix ou de cameline, à utiliser crues en assaisonnement ;
  • Graines de lin moulues (entières, elles traversent l'intestin sans être digérées) et graines de chia ;
  • Noix de Grenoble : une petite poignée par jour.

Poisson et grossesse : pendant la grossesse et chez les jeunes enfants, évitez les grands prédateurs comme l'espadon, le requin ou le marlin, plus chargés en mercure, et limitez le thon. Les petits poissons gras restent conseillés.

Rééquilibrer son ratio en 5 gestes

1. Changer d'huile pour l'assaisonnementRemplacez l'huile de tournesol de vos vinaigrettes par de l'huile de colza ou un mélange colza et olive. C'est le geste le plus simple et le plus efficace.

2. Manger du poisson gras une fois par semaineDes sardines en conserve sur une tartine, un maquereau au four, un saumon en papillote. Les conserves sont économiques et tout aussi riches en oméga-3.

3. Ajouter des grainesUne cuillère à soupe de graines de lin moulues dans un yaourt, une soupe ou une compote.

4. Une poignée de noixEn collation ou dans une salade, quelques noix apportent des oméga-3 végétaux et du magnésium.

5. Limiter les produits ultra-transformésBiscuits, chips et plats industriels apportent souvent beaucoup d'huiles riches en oméga-6 et très peu d'oméga-3.

Vous voulez savoir où vous en êtes vraiment ? Notre test Oméga-3 Plus mesure votre statut en oméga-3, pour savoir si vos efforts dans l'assiette suffisent.

Et les compléments d'oméga-3 ?

Si vous ne mangez jamais de poisson, un complément d'oméga-3 (huile de poisson, de krill ou d'algues) peut aider à couvrir vos besoins en EPA et DHA. Les résultats sur la prévention cardiovasculaire chez des personnes en bonne santé sont mitigés selon les grands essais.

Quelques précautions :

  • à forte dose (1 g par jour et plus), une méta-analyse a associé les oméga-3 à un risque un peu plus élevé de fibrillation auriculaire (Gencer et al., Circulation, 2021) ;
  • Ils peuvent renforcer l'effet des anticoagulants : demandez l'avis de votre médecin si vous en prenez ;
  • choisissez des produits contrôlés pour leur oxydation et leurs contaminants, et conservez-les à l'abri de la chaleur.

Questions fréquentes

Les oméga-6 sont-ils mauvais pour la santé ?

Non. L'acide linoléique est un acide gras essentiel, indispensable au corps. Dans les études, augmenter ses apports n'augmente pas les marqueurs d'inflammation. Le vrai problème en France est le manque d'oméga-3, pas les oméga-6 en eux-mêmes.

Quel est le bon ratio oméga-6 / oméga-3 ?

L'ANSES recommande un rapport entre acide linoléique et acide alpha-linolénique inférieur à 5. Le moyen le plus simple de s'en approcher est d'augmenter les oméga-3, notamment avec l'huile de colza et les poissons gras.

Quelle huile choisir pour les oméga-3 ?

Pour l'assaisonnement, les huiles de colza, de noix, de lin et de cameline sont les plus riches en oméga-3. Elles se consomment crues et se conservent au frais, à l'abri de la lumière. Pour la cuisson, l'huile d'olive est un très bon choix.

Les végétariens peuvent-ils avoir assez d'oméga-3 ?

Ils peuvent couvrir leurs besoins en ALA avec les huiles de colza ou de lin, les graines et les noix. Pour l'EPA et le DHA, la conversion étant faible, une huile de micro-algues est une option intéressante, à discuter avec un professionnel.

Combien de poisson faut-il manger par semaine ?

L'ANSES conseille deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras comme les sardines, le maquereau, le hareng ou le saumon. Variez les espèces et les provenances pour limiter l'exposition aux contaminants.

Les graines de lin doivent-elles être moulues ?

Oui, de préférence. Entières, elles traversent souvent l'intestin sans être digérées et libèrent peu d'oméga-3. Moulues juste avant usage ou conservées au réfrigérateur, elles sont bien plus intéressantes.

L'huile de krill est-elle meilleure que l'huile de poisson ?

Elle apporte des oméga-3 sous une forme liée aux phospholipides et contient naturellement de l'astaxanthine. Elle est souvent mieux tolérée, avec moins de renvois. En revanche, elle est généralement moins concentrée en EPA et DHA : comparez les teneurs sur l'étiquette.

Peut-on mesurer son taux d'oméga-3 ?

Oui, par un test sanguin qui mesure la part d'EPA et de DHA dans les membranes des globules rouges, parfois appelé index oméga-3. Il permet de savoir si vos apports sont suffisants et d'ajuster votre alimentation ou une éventuelle supplémentation.

Ajouter plutôt que supprimer

Inutile de traquer chaque goutte d'huile de tournesol. Le vrai levier, c'est d'ajouter des oméga-3 dans votre quotidien : une huile de colza pour les salades, un poisson gras par semaine, des graines de lin et quelques noix. En quelques semaines, ces gestes simples rééquilibrent vos apports et soutiennent votre cœur, votre cerveau et l'équilibre de l'inflammation. Une démarche douce, sans interdit, qui s'inscrit parfaitement dans une alimentation anti-inflammatoire.

Envie d'un coup de main pour rééquilibrer vos apports sans prise de tête ? Le suivi personnalisé du Terrier à 10 euros par mois vous aide à ajuster votre alimentation pas à pas.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.

Pour aller plus loin

Nos produits en lien avec cet article

Retour au blog

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.